Saint-André, que voir & que faire ?
Saint-André, c’est une commune de l’Est qui ne cherche pas à plaire aux touristes — et c’est peut-être ça sa principale qualité. Pas de lagon, pas de spot Instagram évident, pas de centre-ville particulièrement séduisant. Mais derrière cette façade ordinaire, la commune cache quelque chose que peu d’endroits à La Réunion peuvent revendiquer : une identité culturelle tamoule d’une richesse rare, une rivière impressionnante, un patrimoine industriel encore vivant, et des savoir-faire artisanaux qu’on trouve difficilement ailleurs.
Saint-André, c’est une commune qu’on comprend mieux quand on prend le temps de s’y arrêter vraiment — pas juste de la traverser sur la RN2.
Fiche d’identité

| Population | ~57 000 habitants (Andréziens, Andréziennes) |
| Superficie | 57,6 km² |
| Altitude | 0 m à 1 828 m |
| Code postal | 97440 |
| Intercommunalité | CINOR (Communauté Intercommunale du Nord de La Réunion) |
| Maire | Joé Bédier |
| Site officiel | saint-andre.re |
| Saint-André Réunion — pour suivre l’actualité de la commune |
Saint-André est limitrophe de Sainte-Suzanne au nord, Saint-Denis à l’ouest, Salazie au sud et Bras-Panon à l’est. Elle appartient à l’arrondissement de Saint-Denis et à la communauté intercommunale du Nord (CINOR). La commune est traversée par la RN2 sur le littoral et par la RD52 qui monte vers le cirque de Salazie.
Les quartiers
Le centre-ville — cœur administratif et commercial de la commune, avec la mairie, le marché forain, les commerces et l’église. Le centre n’est pas particulièrement remarquable visuellement, mais il est vivant et ancré dans le quotidien réunionnais.
Le Colosse — quartier symbolique de Saint-André, à quelques kilomètres au nord du centre. C’est ici que se trouvent le temple tamoul et le parc du même nom. La concentration de culture indo-tamoule y est particulièrement marquée.
Cambuston — quartier côtier au nord, entre Saint-André et Sainte-Suzanne. Quelques plages sauvages, une ambiance très locale, la rivière du Mât qui se jette dans l’océan à proximité.
La Cressonnière et les Hauts — dans les mi-pentes et les hauteurs de la commune, les paysages changent. Plantations de vanille, cultures maraîchères, forêt de Dioré. La commune s’étire jusqu’à des altitudes où la végétation tropicale s’épaissit.
Que faire à Saint-André
Le temple du Colosse — le plus grand temple tamoul de l’hémisphère Sud
C’est sans conteste le lieu le plus remarquable de Saint-André, et l’un des sites culturels les plus importants de toute La Réunion. Le temple tamoul du Colosse est consacré à la déesse Pandialé — il est considéré comme le plus grand temple hindou tamoul de l’hémisphère Sud. L’architecture est spectaculaire : un gopuram (tour d’entrée) couvert de sculptures polychromes représentant les divinités du panthéon hindou, des couleurs vives qui tranchent avec la végétation environnante, une atmosphère de dévotion palpable.
Le temple est un lieu de culte actif — des fidèles viennent s’y recueillir quotidiennement. Les grandes fêtes tamoules, notamment le Dipavali et les cérémonies de Cavadee, y attirent des milliers de personnes dans une atmosphère que tu ne verras nulle part ailleurs à La Réunion. Si tu passes dans le coin pendant ces périodes, c’est une expérience à part entière.
Quelques règles à respecter pour la visite : retire tes chaussures avant d’entrer dans l’enceinte, habille-toi de manière couverte, sois discret si une cérémonie est en cours. L’accueil est généralement bienveillant envers les visiteurs respectueux.
La rivière du Mât — la plus grande rivière de La Réunion
La rivière du Mât est la plus longue et la plus puissante de l’île. Elle prend sa source dans le cirque de Salazie, dévale les remparts, traverse les hauts de Saint-André et se jette dans l’océan Indien au niveau de Cambuston. En période de crue — après de fortes pluies dans les hauts — le spectacle est impressionnant. L’eau chargée de limon brun se déverse dans l’océan en formant un panache visible depuis la côte.
La rivière du Mât alimente également la centrale hydroélectrique de Takamaka, l’une des plus importantes de l’île, nichée dans les gorges sauvages des hauts de Saint-André. L’accès aux gorges de Takamaka est une randonnée en soi — un couloir basaltique étroit, de l’eau partout, une végétation dense, une atmosphère de bout du monde à moins d’une heure de voiture du centre-ville.
La distillerie Savanna — le rhum de l’Est
La distillerie Savanna est l’une des deux grandes distilleries de rhum agricole de La Réunion avec Rivière du Mât. Fondée en 1870 sur les terres de l’ancienne usine sucrière de Bois Rouge, elle produit des rhums agricoles — distillés à partir de vesou, le jus de canne fraîche — qui ont acquis une réputation bien au-delà de l’île. Ses rhums vieillis sont régulièrement primés dans les concours internationaux.
La visite de la distillerie est possible — elle comprend la découverte des chais de vieillissement, de l’alambic et du processus de production, suivie d’une dégustation. C’est une des visites les plus intéressantes de l’Est pour comprendre comment le rhum agricole réunionnais se distingue du rhum industriel. Pense à réserver avant de te déplacer, les créneaux de visite sont limités.
L’usine sucrière de Bois Rouge
L’usine sucrière de Bois Rouge est l’une des deux dernières usines sucrières encore en activité à La Réunion — avec celle du Gol à Saint-Louis. Elle tourne à plein régime pendant la période de la campagne sucrière, entre juillet et décembre, lorsque les champs de canne sont récoltés. L’odeur caractéristique de la mélasse et de la bagasse en combustion signale son activité à plusieurs kilomètres à la ronde — une odeur que beaucoup de Réunionnais associent à l’enfance et à l’identité de l’île.
Des visites sont organisées pendant la campagne sucrière — c’est une façon concrète de comprendre l’histoire économique de La Réunion, profondément liée à la canne depuis le XVIIIe siècle. En dehors de la campagne, l’usine est moins accessible au public.
La plantation de vanille Roulof
La vanille est l’un des produits d’excellence de La Réunion — et Saint-André en est l’un des territoires de production historiques. La plantation Roulof propose une visite guidée de la culture et de la préparation de la vanille bourbon : la pollinisation manuelle fleur par fleur (qui se fait à la main, une technique minutieuse indispensable), l’échaudage, le séchage long, l’affinage. C’est un savoir-faire qui demande des mois de travail pour un résultat final d’une qualité incomparable avec la vanille industrielle.
Si tu cherches à ramener de la vraie vanille bourbon de La Réunion — et pas celle vendue en supermarché à des prix suspects — c’est ici que tu trouveras le produit authentique, traçable, avec les gens qui l’ont fabriqué.
La forêt de Dioré
Dans les hauteurs de Saint-André, la forêt de Dioré est une pause nature accessible et peu connue. Un sentier traverse cette forêt semi-primaire, avec une végétation typique des mi-pentes de l’Est — fougeraies, tamarins, espèces endémiques. L’atmosphère est humide, fraîche, silencieuse. Loin de l’agitation du littoral. Une bonne option pour un randonneur qui veut une sortie courte et tranquille sans se retrouver sur un sentier bondé.
Le marché forain — tous les vendredis
Le marché forain de Saint-André se tient chaque vendredi matin depuis 4h du matin jusqu’à midi, Place de la Salle des Fêtes. Oui, tu as bien lu — 4h du matin. C’est l’un des marchés qui démarrent le plus tôt de l’île, une tradition qui vient des maraîchers qui descendent des hauts avec leurs produits frais avant l’aube.
Ce marché a une forte identité tamoule — les étals d’épices, les fruits exotiques, les spécialités locales côtoient les vendeurs de textiles et les marchands ambulants. Tous les troisièmes jeudis du mois, un orchestre de cuivre anime le marché, ce qui lui donne une atmosphère particulière. Si tu es dans la région un vendredi matin, c’est une expérience réunionnaise authentique.
L’église et la mosquée — la diversité religieuse en un coup d’œil
Saint-André concentre sur un périmètre réduit plusieurs lieux de culte qui témoignent du métissage culturel de l’île : l’église catholique du centre-ville, plusieurs mosquées dont la principale est visible depuis la nationale, et bien sûr le temple tamoul du Colosse. Cette coexistence sans friction de religions et de communautés d’origines très différentes est l’une des caractéristiques profondes de La Réunion — et Saint-André en est une illustration particulièrement lisible.
Le parc du Colosse
Adjacent au temple tamoul, le parc du Colosse est un espace vert spacieux apprécié des familles de la commune et des environs. Des aires de jeux, des espaces de promenade, des kiosques de pique-nique. Pas un parc exceptionnel visuellement, mais un lieu de vie réel — le genre d’endroit où les Réunionnais passent leur dimanche en famille.
Plages et baignade
Saint-André n’est pas une commune balnéaire. Le littoral est sauvage, les courants sont forts, la baignade en mer est déconseillée voire dangereuse sur l’ensemble du linéaire côtier. Il n’y a pas de lagon, pas de plage surveillée, pas de zone de baignade aménagée.
L’embouchure de la rivière du Mât au niveau de Cambuston offre un paysage côtier intéressant à observer — les eaux brunes de la rivière qui se mêlent à l’océan, les vagues qui déferlent sur les galets noirs — mais ce n’est pas un endroit pour nager.
Si tu cherches la baignade dans le secteur, dirige-toi vers les bassins et cascades de Salazie dans les hauts, ou vers Sainte-Suzanne sur le littoral nord.
Randonnées
Les gorges de Takamaka — c’est la randonnée incontournable des hauts de Saint-André. Un couloir basaltique spectaculaire creusé par la rivière du Mât, avec des cascades, des passerelles suspendues et une végétation tropicale dense. Niveau intermédiaire, environ 3h aller-retour. L’accès se fait depuis les hauts de Saint-André par la route de Takamaka.
La forêt de Dioré — sentier forestier accessible à tous, court (1h à 1h30), dans les mi-pentes. Bonne introduction aux forêts de l’Est pour les marcheurs qui ne cherchent pas une sortie technique.
La montée vers Salazie — depuis Saint-André, la route D52 qui monte vers le cirque de Salazie offre plusieurs points de départ de sentiers vers les remparts. Un terrain pour les randonneurs confirmés qui veulent explorer les hauteurs de l’Est.
Aires de pique-nique
Parc du Colosse — directement adjacent au temple tamoul, grandes pelouses, kiosques, aires de jeux. Le pique-nique le plus accessible de la commune, idéal en famille.
Abords de la rivière du Mât — plusieurs spots sauvages le long de la rivière dans les hauts, notamment sur la route de Takamaka. Aucun aménagement particulier, mais l’environnement est exceptionnel. À réserver pour des journées sans pluie récente — la rivière peut monter vite.
Forêt de Dioré — quelques tables de pique-nique aménagées à l’entrée du sentier forestier. Fraîcheur et calme garantis.
Où manger à Saint-André
Saint-André n’est pas réputée pour sa gastronomie touristique — c’est une commune qui mange local, sans chichis, et c’est une bonne chose.
Le marché du vendredi matin est le meilleur endroit pour grignoter — samoussas, bonbons piment, bouchons chauds à l’aube. Quelques stands proposent des jus de fruits frais et des snacks créoles.
Le centre-ville compte plusieurs restaurants de quartier et selfs créoles qui servent une cuisine locale généreuse à des prix accessibles (8 à 12 euros le repas complet). Pas d’adresse phare à recommander absolument — cherche ce qui est ouvert, plein de locaux à midi, et tu ne seras pas déçu.
Pour une expérience plus élaborée avec une dégustation de rhum intégrée, la distillerie Savanna propose des formules sur place.
Le climat
Saint-André est sur la côte Est, côté « au vent » de l’île — la façade la plus arrosée de La Réunion. Les précipitations sont plus fréquentes que sur la côte Ouest, parfois intenses, surtout en saison des pluies (novembre à avril). Le ciel peut changer rapidement. La végétation est en conséquence plus dense et plus verte que dans l’Ouest — un vert profond, presque excessif par endroits.
En hiver austral (mai à octobre), les conditions sont plus sèches et plus agréables. C’est la meilleure période pour visiter Saint-André et explorer les hauts.
Se déplacer
Saint-André est traversée par la RN2 sur le littoral — l’axe qui relie Saint-Denis à Saint-Benoît en longeant la côte Est. L’accès depuis Saint-Denis prend environ 25 à 30 minutes hors embouteillages. Depuis Saint-Pierre, comptez 1h15 à 1h30.
Le Car Jaune dessert Saint-André depuis Saint-Denis et Sainte-Suzanne — c’est l’une des communes de l’Est les mieux reliées par les transports en commun. La ligne Bras-Panon – Saint-Denis passe par le centre-ville.
Pour explorer les hauts (Takamaka, forêt de Dioré, route de Salazie), une voiture est indispensable — ces zones ne sont pas desservies par les bus. Pour louer une voiture : Location de voiture à La Réunion.
Dans les environs
Salazie — accessible depuis Saint-André par la D52 qui monte dans les remparts. Le cirque le plus vert de l’île, la Voile de la Mariée, Hell-Bourg. Pour en savoir plus : Salazie.
Sainte-Suzanne — voisine au nord, avec son phare, sa rivière et ses spots de kitesurf. Pour en savoir plus : Sainte-Suzanne.
Bras-Panon — voisine à l’est, connue pour sa coopérative de vanille — la plus grande de l’île. Pour en savoir plus : Bras-Panon.
Saint-Denis — la préfecture est à 25 minutes à l’ouest. Marchés, musées, architecture créole. Pour en savoir plus : Saint-Denis.
Mon avis
Je vais être honnête : Saint-André n’est pas la commune que je recommande en premier à quelqu’un qui vient à La Réunion pour la première fois. Le centre-ville est fonctionnel, pas particulièrement beau. Le littoral est peu engageant. On ne vient pas ici pour les paysages au sens classique du terme.
Mais ce serait une erreur de passer à côté.
Ce que Saint-André a à offrir est d’une autre nature. Le temple du Colosse est l’un des sites les plus authentiquement émouvants de l’île — pas pour le tourisme, pour ce qu’il représente culturellement. La distillerie Savanna produit un rhum qui mérite vraiment le détour. La plantation de vanille Roulof te donnera une tout autre vision de cet ingrédient que tu connais mal. Et les gorges de Takamaka, dans les hauts, sont impressionnantes.
Saint-André se mérite un peu. Elle ne te donne pas ses meilleurs aspects immédiatement. Mais si tu prends le temps de t’y arrêter — au marché à 4h du matin, au temple pendant une fête tamoule, dans les hauteurs en dehors des circuits balisés — tu repartiras avec quelque chose de plus rare qu’une belle photo.
FAQ — Saint-André, La Réunion
Pourquoi s’appelle-t-elle Saint-André ? La commune tire son nom de l’apôtre André, patron des pêcheurs. L’église paroissiale lui est dédiée depuis les premiers temps de la colonisation. Saint-André fait partie des premières communes constituées sur la côte Est de l’île.
Qu’est-ce que le temple du Colosse ? C’est le plus grand temple hindou tamoul de l’hémisphère Sud, consacré à la déesse Pandialé. Il est le centre de la vie religieuse et culturelle de la communauté tamoule de Saint-André et de l’Est de l’île. Les grandes fêtes (Cavadee, Dipavali, marche sur le feu) y attirent des milliers de fidèles.
Peut-on se baigner à Saint-André ? Non, le littoral de Saint-André est dangereux — courants forts, pas de lagon, pas de zone surveillée. Pour la baignade dans le secteur, oriente-toi vers les bassins de Salazie dans les hauts ou vers Sainte-Suzanne sur la côte.
La distillerie Savanna est-elle ouverte aux visites ? Oui, des visites guidées sont organisées, incluant la découverte des chais et une dégustation. Il est recommandé de réserver à l’avance car les créneaux sont limités. Renseigne-toi directement auprès de la distillerie pour les horaires et tarifs actuels.
Qu’est-ce que la vanille Roulof ? C’est une plantation familiale qui cultive et prépare de la vanille bourbon selon les méthodes traditionnelles. La visite permet de comprendre toutes les étapes de production — pollinisation manuelle, préparation, séchage. La vanille est achetable directement sur place.
Quand a lieu le marché forain de Saint-André ? Tous les vendredis matin, de 4h à 12h, Place de la Salle des Fêtes. C’est l’un des marchés qui démarrent le plus tôt de l’île. Tous les troisièmes jeudis du mois, un orchestre de cuivre y joue — une ambiance particulière à ne pas manquer si tu es dans la région.
Comment accéder aux gorges de Takamaka ? Depuis le centre de Saint-André, prends la route qui monte vers Takamaka dans les hauts. Le parking de départ se trouve à environ 20 minutes de route du centre-ville. Sentier de niveau intermédiaire, environ 3h aller-retour. Consulte les conditions météo avant de partir — la rivière peut être en crue après de fortes pluies.
Saint-André est-elle bien desservie par les transports en commun ? Oui, c’est l’une des communes de l’Est les mieux reliées. Le Car Jaune assure des liaisons régulières avec Saint-Denis et les communes voisines. En revanche, pour accéder aux sites naturels (Takamaka, forêt de Dioré), une voiture est indispensable.
Peut-on visiter le temple tamoul sans être hindou ? Oui, le temple est ouvert aux visiteurs extérieurs à la communauté, dans le respect des règles : chaussures retirées, tenue couverte, discrétion si une cérémonie est en cours. L’accueil est généralement bienveillant.
Quelle est la meilleure période pour visiter Saint-André ? De mai à octobre, pendant la saison sèche — les conditions météo sont plus stables, les hauts sont accessibles, et les sentiers sont praticables. Pour assister aux grandes fêtes tamoules (Cavadee, marche sur le feu), renseigne-toi sur le calendrier des célébrations — elles se déroulent généralement entre janvier et mars.